LA PRESENCE JAPONAISE EN INDOCHINE 3

En bref l’Indochine ne disposait pas du matériel et du personnel nécessaires à sa défense. Avec ses 38 000 soldats franco-indochinois (dont 7 500 Français) le gouverneur général ne pouvait espérer protéger un territoire île 750 000 km2, peuplé de 24 millions d’habitants, contre les entreprises d’une grande puissance possédant la maîtrise absolue des mers et des airs.
Si encore un appui extérieur avait pu redresser la situation. Mais les Anglo-américains montrèrent clairement qu’ils n’entendaient pas intervenir.

A une demande d’aide de Catroux, lord Halifax répondit par un télégramme sans équivoque :
« Son Excellence peut compter sur l’appui total politique et diplomatique du gouvernement de Sa Majesté pour maintenir l’intégrité du territoire indochinois, mais elle tiendra compte que le sort de l’Indochine, de même que celui de l’Empire britannique, est lié à la défaite de l’Allemagne en Europe et que toutes nos ressources militaires doivent nécessairement être consacrées à la poursuite de ce but.
« Son Excellence partagera vraisemblablement le point de vue du gouvernement de Sa Majesté, à savoir qu’il est manifestement de l’intérêt, à la fois de l’Indochine et de l’Empire britannique, d’éviter d’être entraînés dans des hostilités en Extrême-Orient. »

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Du côté américain, même réponse. Le 20 juin, le gouverneur général d’Indochine recevait du comte de Saint-Quen-tin, ambassadeur de France à Washington, le télégramme suivant : « Le sous-secrétaire d’Etat aux affaires étrangè-res m’a dit aujourd’hui qu’en raison de la situation générale, le gouvernement des Etats-Unis ne croit pas pouvoir entrer en conflit avec le Japon et que par suite, il laisserait faire si cette puissance attaque l’Indochine.
« J’ai observé que dans ces conditions, le gouvernement général n’avait qu’à fermer la frontière de Chine. Je ne vous répondrai pas officiellement, a répondu le secrétaire d’Etat, mais c’est ce que je ferais à votre place. »

Ainsi trois faits ont créé la situation dans laquelle Vichy dut se débattre :
1) la volonté de conquête japonaise,
2) la collaboration des gouvernements de la IIIe République avec la Chine nationaliste, ce qui pouvait effectivement être considéré comme une provocation par le gouvernement de Tokyo,
3) la concession initiale et inévitable consentie de sa propre initiative par le général Catroux, gouverneur géné-ral de l’Indochine. En cédant aux Japonais et en acceptant la présence de « contrôleurs » nippons dans la colonie, il ouvrit la porte à la pénétration japonaise.

Vichy tenta de redresser la situation. Catroux jugé trop compromis fut rappelé et remplacé par l’amiral Decoux.
Vichy essaya alors de finasser mais Tokyo ne l’accepta pas. Le général Nishihara, « profondément déçu » des retards apportés aux négociations, refusa comme insuffisant ce que Vichy proposait. Les relations se tendirent à un tel point que les Nippons décidèrent d’employer la force.
Le 22 septembre 1940 éclatait l’affaire de Langson. Après avoir présenté un ultimatum dépourvu de délai, les Japonais attaquèrent par surprise le poste de Nem Quam, dans la région de Langson. Du fait des effectifs très importants engagés par les Nippons et de leurs blindés, la bataille tourna à notre désavantage. Notre défense fut enfoncée et Langson débordée. Nos troupes perdirent 800 tués et blessés. Jugeant la situation sans espoir, Hanoï engagea des négociations pour obtenir un cessez le feu mais les troupes japonaises violèrent les droits des parlementaires et firent des prisonniers pendant la trêve.

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