LA PRESENCE JAPONAISE EN INDOCHINE 5

Souvent les Nippons accusèrent les autorités françaises d’Indochine de manquer d’esprit de collaboration et de compréhension à l’égard des aspirations japonaises et ils prièrent les Français de prendre des mesures pour faire cesser cet état de choses. Ces mises en demeure restèrent sans effet et nos fonctionnaires persistèrent dans une obstruction généralisée dans laquelle se diluèrent et s’enlisèrent les pires fureurs.

En fait les relations franco-nippones furent fréquemment alourdies par des incidents parfois dramatiques. La mainmise japonaise aurait pu devenir totale en juin 1940, elle fut à deux doigts de l’être lors de l’affaire Langson. Une autre source de frictions surgit à l’occasion du conflit franco-thaïlandais qui débuta en décembre 1940. D’autres crises franco-japonaises suivirent. En juillet 1941 le Japon présenta de nouvelles exigences, et il n’est pas douteux qu’au moment où éclata le conflit du Pacifique, Tokyo songea à accroître son emprise sur l’Indochine. Un coup de force aurait pu survenir à chaque tournant de la guerre en Europe, lors du ralliement de l’Empire français à la cause alliée par exemple.

Cependant le pire fut évité, grâce à la politique à la fois ferme et réaliste que le gouvernement général de l’Indo-chine ne cessa de pratiquer. Pendant toutes ces années durant lesquelles le Japon lutta avec fanatisme pour la Grande Asie, les écoles françaises purent continuer leur œuvre sans contrainte. Et pour lutter contre la mystique panasiatique, l’amiral Decoux put tenter de créer une mystique franco-indochinoise. Werth écrit : « Decoux mit en avant l’idée d’une fédération indochinoise sous l’égide de la France et prit des initiatives aussi révolutionnaires que celle qui consistait à interdire que l’on tutoie les indigènes ou qu’on les brutalise.

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Il entreprit même de lutter contre l’analphabétisme. Quoique le régime Decoux fût délibérément autocratique, il était, si cui’ieux que cela paraisse, plus libéral qu’aucun de ceux que les Indochinois avaient connus sous la IIP République. C’est ainsi que le nombre des indigènes employés dans les postes moyens et supérieurs de l’administration avait doublé entre 1940 et 1944. » Le 21 août 1944, lorsque Pétain fut emmené en captivité par les Allemands, en Indochine l’état sanitaire était excellent, le bon état physiologique des Français tenait à l’absence de toute privation de caractère vital ainsi qu’à la liberté à peu près totale dont ils avaient bénéficié.
La position de la France était intacte, elle avait traversé sans dommages un cap pour le moins difficile.

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