LA PRESENCE JAPONAISE EN INDOCHINE

On sait que, durant la deuxième guerre mondiale, des troupes japonaises stationnèrent en Indochine. S’appuyant sur ce fait, le 15 août 1941, Charles de Gaulle crut bon d’accuser le maréchal Pétain d’avoir livré l’Indochine « par ordre d’Hitler ». Le 3 décembre 1941 il récidivait et présentait Vichy et son chef comme « la même entreprise et le même entrepreneur qui ont laissé le Japon s’emparer de l’Indochine ».
Cette façon de présenter les faits donne à penser que Vichy commit là-bas la faute originelle. Cette interprétalion ne peut être retenue. A la naissance de Vichy la situation dans notre colonie d’Extrême-Orient était déjà fortement ébranlée.

Depuis des années le Japon s’acharnait à créer dans le Sud-Est asiatique ce qu’il appelait une « sphère de co-prospérité ». Depuis 1937 il tentait en fait de conquérir la Chine par la force.

Alarmé par la volonté d’hégémonie nippone, le gouvernement français avait pris parti pour les chinois. Se servant de l’argument selon lequel l’état de guerre n’avait pas été proclamé, Paris refusa de se soumettre aux restrictions imposées aux neutres par les belligérants. La France ouvrit donc au trafic chinois le port de Haïphong et la voie terrée du Fleuve Rouge qui donne accès à la province chinoise du Yunnan. Pendant des années, ce chemin de fer donna passage aux marchandises destinées aux armées chinoises : armes, munitions, camions et à du matériel provenant d’un accord de troc sino-américain.

Ces fournitures furent d’autant plus importantes que, par suite de l’avance japonaise, tous les ports chinois étaient verrouillés. Ce fut donc un avantage vital qui fut accordé au régime de Tchang Kaï Chek. Grâce au trafic toléré par Paris, la Chine put rompre le blocus qui l’étouffait et recouvrer un cordon ombilical.

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De cet important trafic rien n’échappa aux Japonais qui le considérèrent comme une contrebande de guerre et s’en alarmèrent de bonne heure. De 1937 à 1940 ce furent de la part de Tokyo des doléances de plus en plus énergiques adressées périodiquement à Hanoï et à Paris. Le ressentiment nippon fut d’autant plus aigu que les dernières offensives de l’armée impériale s’étaient soldées par des échecs et que le commandement nippon expliquait ses déboires par les secours qu’apportaient aux chinois les matériels transitant par l’Indochine. De violentes campagnes furent développées par la presse et la radio japonaises. Elles prenaient pour thème l’assistance coupable prêtée par la France aux adversaires chinois et proclamaient la nécessité de balayer l’obstacle qui frustrait les armées impériales d’une victoire facile.

Tant que la France fut debout le gouvernement japonais maintint ses protestations dans les limites du raisonnable. Mais derrière les politesses diplomatiques on sentait déjà percer l’état de surexcitation à l’égard de la France, tant de l’opinion que du gouvernement nippon. Ainsi pendant les premiers mois de 1940, un envoyé de Tokyo, le général Tsushihasi, se laissa aller à perdre son calme au cours des entretiens qu’il eût avec le gouverneur général de l’Indo-chine.
Il était évident que les choses n’en resteraient pas là. L’effondrement de l’armée française en Europe allait per-mettre aux japonais d’obtenir enfin ce qu’ils réclamaient depuis si longtemps.
Le 14 juin, jour de la chute de Paris, parvenaient à Hanoï des indications pressantes selon lesquelles une double offensive japonaise se préparait, par mer sur les côtes d’Annam, par terre sur la frontière du Tonkin. Simultanément la propagande japonaise reprenait ses thèmes sur l’appui donné par la France à la Chine de Tchang Kaï Chek et réclamait à nouveau la fermeture complète de la frontière indochinoise. La situation apparut tellement sérieuse que le 16 juin, de sa propre autorité, le gouverneur général décidait d’interdire le transit de certaines matières premières stratégiques en territoire tonkinois ; la nouvelle fut largement diffusée par les postes de radio locaux.

Cette mesure arrivait trop tard. Le 19 juin, dans la soirée et dans la nuit, le gouverneur général fut successivement touché par deux télégrammes émanant l’un de notre attaché militaire, l’autre de notre ambassadeur à Tokyo. Ces télégrammes lui faisaient savoir que le Japon « demandait la fermeture de la frontière aux transports d’essence, de camions et de certains matériels par la route et la voie ferrée ainsi que l’acceptation du contrôle de cette feri par les agents japonais ». Une réponse était le lendemain soir.

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