LE JAPON AURAIT-IL VOULU SE RAPPROCHER DE LA FRANCE ? -2

La référence au cas anglais est mauvaise car la Grande- Bretagne a bénéficié d’une conjoncture exceptionnellement favorable. La Royal Navy surclassa toujours numériquement la marine allemande. De plus elle fut puissamment aidée par ses alliés. Très vite les Etats-Unis, officiellement neutres, lui apportaient une aide sans cesse croissante.

En septembre 1940, ils cédaient à l’Angleterre 50 destroyers contre la remise à bail pour 99 ans de bases navales, et le 11 mars 1941, par la loi « Prêt-Bail », le congrès américain créait le moyen de satisfaire les désirs britanniques d’une manière illimitée et gratuite. Enfin, le 11 décembre 1941, les Etats-Unis entraient officiellement en guerre aux côtés de la Grande-Bretagne. Un potentiel énorme fut donc réuni pour défendre les artères de ravitaillement britanniques.

La capacité de construction des chantiers navals anglo- américains était impressionnante. En 1940 ils pouvaient sortir 200 000 tonnes de navires par mois. Progressivement ils en vinrent à construire les navires à la chaîne et à lancer en moyenne un Liberty Ship par jour. La production atteignit 7 200 000 tonnes de navires en 1942 et 14 000 000 en 1943.

Les chantiers du Royaume-Uni et d’Amérique ne se limitèrent pas à lancer plus de navires de commerce, ils mirent à l’eau tellement de bateaux de guerre, de destroyers en particulier, que des groupes d’escortes renforcés, indépendants des groupes de support, purent être créés pour chasser les sous-marins partout où il s’en trouvait.
L’aviation, tant du Coastal Command que des porte- avions d’escorte, devenue plus nombreuse, put aussi œuvrer sur tout le parcours des convois.

Sous une telle pression les pertes allemandes augmen-tèrent progressivement : 85 U-Boote détruits en 1942, 287 en 1943, 241 en 1944. Le tonnage coulé par le Reich diminua parallèlement. En 1942 (année record), 1 072 navires de commerce alliés perdus jaugeant au total 7 250 000 tonnes. En 1943, 489 navires (2 250 000 tonnes) et en 1944, 185 bateaux détruits (925 000 tonnes). Ainsi le nœud qui étranglait l’Angleterre se desserra.
D’après l’importance du tonnage coulé, on voit quelle agression subissait l’Angleterre. On comprend aussi qu’une nation moins puissante et moins aidée, ne disposant que de ressources limitées en charbon, en acier, puisse être acculée à la catastrophe par une offensive du même genre. C’est ce qui arriva au Japon.

A voir: vietnam tour operator | circuit cambodge 15 jours | croisière dans la baie de bai tu long

A aucun moment la flotte de guerre nippone ne disposa d’une réelle supériorité sur les Américains et l’on peut dire qu’après les batailles de la mer des Philippines, de Leyte et d’Okinawa, la flotte japonaise n’existait plus. Toutes ses plus belles unités avaient été envoyées par le fond. Face aux 20 porte-avions, 9 cuirassés, 22 croiseurs, 80 des-troyers américains le Japon ne pouvait aligner que 19 destroyers. Insuffisamment pourvue d’escorte la marine de commerce japonaise fut durement malmenée. Les forces navales des Etats-Unis, principalement leurs sous-marins, coulaient cinq fois plus de tonnage que les chantiers japonais ne pouvaient en lancer.

Au début de la guerre, le Japon disposait d’une flotte de commerce de 6 000 000 de tonnes. En mars 1945, il ne lui en restait plus que 1 500 000 tonnes et en août le tonnage disponible était tombé à 500 000 tonnes. C’était insuf-fisant pour ravitailler en matières premières et en produits alimentaires une population de 72 000 000 d’habitants concentrés sur un territoire de 370 000 kilomètres carrés, dont 16 % seulement cultivables.

Par rapport à ses ressources naturelles le Japon est probablement le pays le plus pauvre du monde si l’on tient compte de sa population. A part un peu de charbon, du bois et une certaine réserve d’énergie hydro-électrique, aucun minerai important n’existe. Le Japon doit importer pratiquement tout son minerai de fer, son pétrole et ses fibres textiles. L’industrie japonaise qui dépendait des importations fut touchée à mort. Les effets de la pénurie de navires se firent particulièrement sentir sur l’approvisionnement en fonte : la production sidérurgique diminua des deux tiers au milieu de 1944. Le manque de navires affecta aussi l’importation de bauxite (70 % des navires chargés furent perdus en 1944).

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*