QUERELLE AVEC LES AMERICAINS 2

Et si cependant aucun de ces soldats n’était jugé digne de prendre la tète des forces françaises libérées, de Gaulle pouvait jouer une autre carte : la chance lui avait donné un homme capable de le représenter là-bas. En effet, le 25 août 1945, quatre Français de la D.G.E.R. (service du contre-espionnage) sous les ordres du commandant Jean Roger, dit Sainteny, avaient réussi à atterrir sur l’aérodrome de Hanoï.
Sainteny était un ancien résistant. Il avait fait partie du réseau Alliance et fut arrêté par la Gestapo. Après la libération, il entra à la D.G.E.R. et à ce titre fut envoyé dans la province chinoise du Yunnan d’où il partit pour l’Indochine.
Dès son arrivée à Hanoï, Sainteny s’était mis en contact avec les autorités nippones. Si l’on en croit les télégrammes qu’il ne cessa d’adresser à Paris, il manifesta clairement la volonté de défendre les intérêts français dans la colonie, réclamant sur tous les tons l’investiture du gouvernement.

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Le 13 septembre, après avoir protesté un nouvelle fois contre la passivité gouvernementale, il télégraphiait : « Il est inacceptable que Paris ne comprenne pas les cris d’alarme que je vous adresse depuis trois semaines et que le gouvernement provisoire de la République française se refuse soit à investir de pouvoirs suffisants un Français quelconque déjà sur place, soit à risquer un avion porteur d’une personnalité ayant sa confiance et duement accréditée auprès des Alliés… »
Devant cette carence, le comportement des Japonais se modifia. Ils agirent comme avec l’amiral Decoux ; bientôt ils ne se donnèrent même plus la peine d’envoyer les réponses dilatoires que la courtoisie nippone se crut un certain temps obligée d’adresser. Le ton des conversations se refroidit à tel point que, Sainteny l’assure, lui et ses hommes en arrivèrent à se demander qui, du Japon ou de la France, venait de capituler sans conditions.
Nous voici au point crucial.

De Gaulle aurait dû être à même de faire pression sur le gouvernement de Tokyo pour qu’il ordonnât impérativement aux forces nippones stationnées en Indochine de reconnaître l’autorité de n’importe quelle personnalité désignée par lui et de libérer et réarmer l’armée française captive. Comme nulle part on n’a retrouvé trace de tels ordres, comme aucun tribunal allié n’a reproché aux Japonais de ne pas y avoir obéi, on est amené à conclure qu’ils n’ont pas été donnés et que Paris fut incapable d’intervenir.
Résumons la situation : les gaullistes avaient estimé qu’il était de leur devoir de racheter la France de la présence nippone en Indochine (présence approuvée en son temps par le gouvernement américain et inaugurée par le gaulliste Catroux) et ils avaient tout fait pour en venir aux mains avec les Japonais. « La France », comme l’écrivait Sainteny, « ne pouvait accepter de la seule condescendance des Alliés le droit de parler en vainqueur aux Nippons. ». « Nos coups » ajoutait Sainteny, « seront autant de créances inscrites au crédit de la France lorsque viendra le moment de faire rendre gorge à l’envahisseur. »

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