QUERELLE AVEC LES AMERICAINS 3

Manifestement le calcul se révéla faux. Pour être pris au sérieux par Tokyo, pour être obéi par les autorités japo-naises locales, il était inutile d’avoir organisé une résistance, parachuté des armes, traîné des sabres devant les Nippons.
Pour que, d’une façon ou d’une autre, l’armée française captive fût libérée, réarmée, placée sous les ordres de n’importe quelle personnalité, il fallait tout simplement avoir l’aval des vrais vainqueurs, c’est-à-dire des Améri-cains.

Tout passait par eux. Or il est certain qu’ils ne tinrent aucun compte des combats de mars 1945. On le vit bien en juillet 1945 lors de la conférence de Postdam d’où la France avait été écartée. Ce fut en effet en l’absence de tout représentant français qu’il fut décidé de partager l’Indochine en deux zones de part et d’autre du 16′ parallèle. Au nord les Japonais devaient être désarmés par les Chinois, au sud par les Anglais. Nulle part par les Français.
Ce ne fut pas par un soupçon paranoïaque que de Gaulle, commentant ces décisions, écrivit : « Il devint clair que le nord de l’Indochine avait été livré en pâture à la Chine, en compensation de dangereuses concessions faites à l’U.R.S.S. aux frais de la Chine par le président Roosevelt au cours de la conférence de Yalta. »

Ne voyons pas dans cette hostilité américaine des raisons profondes de haute politique. Ce serait une lourde erreur de rapporter l’attitude de nos puissants alliés à leur tradition anticolonialiste. Aux U.S.A. comme ailleurs, seules se maintiennent les traditions soutenues par des intérêts suffisamment forts. Or l’intérêt des Etats-Unis ne consistait pas à émanciper l’Indochine à tout prix.
Indiscutablement l’Indochine était riche, et en libérant le pays de toute entrave étrangère les Américains auraient ouvert à leurs exportations un marché relativement important. Mais pour Washington le problème ne se posait pas en termes aussi dépouillés.
Rappelons qu’en 1945 deux faits dominaient la scène internationale : d’abord la crainte de la puissance nouvel-lement révélée de la Russie Soviétique, ensuite le vide laissé par l’Allemagne vaincue, durablement bannie, et par l’Italie déconsidérée et politiquement réduite en poussière.

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La conjonction de ces deux facteurs permettait à la France de briller d’un éclat incomparable malgré sa défaite et son épuisement. Géographiquement, diplomatiquement, idéologiquement, elle constituait le seul allié continental possible des Etats-Unis, elle représentait la cheville ouvrière de leur politique sur le continent européen. Ce n’était pas sur le Portugal, la Suisse ou la Hollande que Washington pouvait s’appuyer pour contrer les Russes. Et ce n’était pas pour ouvrir à leurs produits le petit marché indochinois qu’un colosse économique de la taille des Etats-Unis allait risquer de compromettre ses relations avec le seul pays d’Europe continentale capable de constituer le pilier de sa présence en Europe.

La raison pour laquelle Charles de Gaulle ne pouvait demander l’appui américain était beaucoup plus terre-à- terre, on pourrait presque dire sordide si l’on tient compte du niveau des intérêts qui étaient en jeu : ses relations per-sonnelles avec le gouvernement américain étaient exécrables. Tout le monde connaît les « difficultés » rencontrées par le général dans ses relations avec les Etats-Unis et que les gaullistes expliquent par l’intransigeance de son patriotisme. Les Américains, selon eux, auraient voulu écarter un homme qui ne voulait « transiger en rien et nulle part sur l’honneur et l’intérêt de la patrie » et qui entendait « s’accommoder sur des bases pratiques mais dans la position debout ».
Ces explications ne rendent pas compte d’un fait important : le général menait avec fracas une diplomatie à la main leste.

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