QUERELLE AVEC LES AMERICAINS 4

L’histoire de la crise provoquée par son refus de rencontrer à Alger le président des Etats-Unis revenant de Yalta montre que Charles de Gaulle ne fut pas, comme l’affirme sa propagande, une victime sans tache des Américains.

On sait que le général avait été exclu de cette importante réunion et, commentant l’événement dans une conférence de presse, il avait parfaitement le droit de déclarer : « Nous ne pouvions admettre que la France fût écartée d’un pareil règlement qui intéressait l’Europe tout entière et par con-séquent la France. » Indiscutablement cette exclusion avait dépendu du président américain et de Gaulle était fondé à affirmer : « Le président Roosevelt a choisi que la conférence de Yalta se tiendrait à trois. »

Par ailleurs le chef du gouvernement français pouvait légitimement être froissé de voir un homme d’Etat étranger l’inviter dans une ville française. Le général avait raison de dire : « C’est à la France qu’il appartient de lancer des invitations en territoire français ». De Gaulle pouvait résumer sa pensée en ces phrases : « Si, à la face du monde, j’avais été m’entretenir de questions mal précisées avec le président Roosevelt à son retour de Yalta et de l’Orient, j’aurais eu l’air de sanctionner plus ou moins nettement ce qui avait été décidé. »

Mais en parlant de la sorte de Gaulle ne présentait qu’une partie de la vérité. Il se gardait bien d’indiquer qu’il avait profité de l’incident pour toucher Roosevelt dans son orgueil de président et que sa façon de décliner l’invitation fut un véritable soufflet. Dans le message qu’il adressa au président américain, regrettant « de ne pouvoir se rendre à Alger » de Gaulle invita son allié à se rendre à Paris ajoutant que, si le président souhaitait faire escale à Alger, il devait avoir « l’obligeance de nous prévenir afin que nous adressions au gouverneur général de l’Algérie les instructions nécessaires pour que tout y soit fait suivant ses désirs ».

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C’était une grossière insulte diplomatique car le président des Etats-Unis n’avait pas l’habitude de s’entendre suggérer qu’il avait manqué au protocole et qu’il lui fallait demander une autorisation avant de se rendre en visite dans un territoire allié défendu par ses soldats.
L’affront était d’autant plus grave que Roosevelt n’avait pas lancé publiquement son invitation sans s’être assuré à l’avance de son accueil. Son conseiller privé, Harry Hopkins (qui s’était arrêté à Paris avant de se rendre à Yalta), avait proposé à Georges Bidault, ministre des Affaires Etrangères, que Roosevelt et de Gaulle se rencontrassent après la conférence. Selon Hopkins, Bidault, après en avoir parlé au général, avait fait savoir que de Gaulle « serait enchanté de rencontrer Roosevelt au cours de son voyage de retour de Yalta au lieu et à la date fixés par le président ».

Roosevelt put donc penser avoir été délibérément attiré dans un piège pour être souffleté publiquement. On imagine facilement les sentiments des Américains envers l’homme qui avait attiré leur président dans un tel traquenard. Pareil incident n’était pas fait pour améliorer les relations entre de Gaulle et les Etats-Unis qui, depuis l’affaire de Saint-Pierre et Miquelon, étaient au plus mal. « Je ne peux imaginer un homme en qui j’aie moins confiance », disait Roosevelt. La haine l’égarait à un tel point que sa volonté expresse d’ignorer de Gaulle l’avait amené à refuser de faire sortir des camps de prisonniers allemands aux Etats- Unis, les Alsaciens-Lorrains qui s’y trouvaient et ce jusqu’au jour d’octobre 1944 où il fut obligé de reconnaître l’autorité de Charles de Gaulle sur les Français.

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